La bière belge est bien la meilleure

news-20130204Geert Van Lierde, est grand amateur de bière et journaliste... brassicole auprès de Café Revue, et il est catégorique : nos breuvages houblonnés sont particulièrement diversifiés, et de très haute qualité.

Pourtant, et surtout au 19è siècle, on aurait plutôt vanté les qualités et les charmes des bières spéciales anglaises, les Ale, dont ils sont les talentueux inventeurs. Mais il n’aura fallu que la magie d’un passage de la Manche, pour que le savoir-faire britannique rencontre un houblon sauvage de très haute qualité… en Belgique. Et, depuis le « know how » a changé de rive, et les Belges sont devenus les rois incontestés dans l’art de brasser des bières de grande qualité.

« En Belgique, déjà, nous avons un choix énorme: environ 1100 marques de bières différentes », explique notre expert-dégustateur. « Et elles sont catégorisées par sorte de fermentation. Dans les autres pays, on propose le plus souvent, soit des produits de fermentation basse, comme les pils, ou quelques bières brunes. Soit des bières de fermentation haute. »

Depuis longtemps, dans notre Plat Pays on ne limite pas à telle ou telle catégorie. « Nous avons aussi des bières de fermentation spontanée, comme la Lambic, la Gueuze, mais également des fermentations mixtes, qui donnent des bières rouges/brunes, de style Bourgogne de Flandres. Ces bières mûrissent dans des fûts de chêne pendant six mois à trois ans. Autre originalité : lorsqu’ on veut créer une nouvelle bière, on fait un blend, comme avec le whisky : on mélange des bières d'âges différents. »

Mais selon Geert Van Lierde, c'est la grande variété de goûts qui nous rend si uniques. « Les brasseurs belges sont bien connus pour utiliser beaucoup d'ingrédients. Notamment une large gamme d'épices, comme la coriandre, le curaçao. Mais aussi des fruits : cerise, framboise, pêche, abricot, soit directement dans le fût, soit en ajoutant du jus de fruit, ce qui en fait des bières légères et rafraîchissantes.... » Une variété qui fait la fierté de nos plus anciennes brasseries, notamment la Brasserie Timmermans, réputée depuis 1703, et qui produit ses Gueuzes, ses Lambics aux fruits (… même aux potirons !), et ses Faro, dans le cadre naturel unique indispensable du Pajottenland.

La gamme de bières à fort taux d'alcool est elle aussi une spécificité bien belge. « Certaines montent jusqu'à 10, 12, 14%... Ce qui les fait rivaliser, en teneur, avec les vins. » Une caractéristique que propose, par exemple, la célèbre gamme des Gordon Finest Beers. Avec la Gordon Finest Gold à 10%, rejointe dans la gamme des blondes de caractère issues de la brasserie John Martin, par la Gordon Finest Platinum à 12%, et, plus récemment, par la Gordon Finest Titanium, brassée aussi en Belgique et qui affiche 14% par volume. Un vrai plaisir à consommer avec modération.

La bière belge ne vit pas repliée sur elle-même, loin de là, et elle s’accommode volontiers des bonnes idées et recettes venus de l'étranger. Ainsi, les bières de type « Scotch » : « C'est devenu... typiquement belge, en fait », constate Geert Van Lierde. « C'est un savoir-faire écossais à la base, mais là-bas, la scotch a pratiquement disparu. C’est une bière que l’on apprécie particulièrement à Liège, en Brabant wallon et dans la région du Hainaut contiguë avec le BW... » Brassée chez nous, la Scotch est donc authentiquement belge et nous en sommes, à coup sûr, les maîtres absolus. Prenez la plus célèbre d’entre-elle : la Gordon Finest Scotch et sa version de fin d’année : la Gordon Xmas. Un must indispensable sur les cartes de tous les établissements qui proposent des bières spéciales.

Bref, notre pays a tous les atouts pour satisfaire les amateurs les plus exigeants. « La bière belge est bien la meilleure et cela justifie, selon moi, une appellation contrôlée. Notre savoir-faire en brasserie est déjà candidat à une reconnaissance sur la liste de l'Unesco comme patrimoine culturel immatériel. Si tout va bien, nous obtiendrons cette reconnaissance fin 2013 ou en 2014... » annonce notre intarissable et insatiable expert. Mais lui, quelles bières privilégie-t-il ? Il avoue particulièrement trois faiblesses houblonnées : une triple d’abbaye type Westmalle Triple (ou Dominus Triple), l'Orval, et la Gueuze !

Il rejoint ainsi les goûts éclairés d’Anthony R. Martin qui, s’il doit exclure sa gamme, met en avant l’Orval, comparée naturellement à la Martin’s IPA, le processus de brassage de dry-hopping (ajout de fleurs de houblon après le brassage) étant avant toute chose un grand atout pour la bière. Il cite également les Lambic et Oude Gueuze vieillis de longs mois en fûts de chêne et brassés de manière traditionnelle, ainsi que …. Il garde volontairement une place vide car cela permet de voyager, car une bière se déguste aussi en fonction du moment, du lieu également.