Dis-moi quel est ton verre, je te dirai ta bière!

news-20130212Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse, dit l’adage. Mais, pour la bière, parlons plutôt de « trouver chaussure à son pied ». Même si le principe d’associer une bière à un type de verre particulier n’est pas très ancien chez nous.

En fait, le verre à bière lui-même, n’est apparu qu’au 19e siècle, lorsque l’homme a commencé à maîtriser parfaitement le façonnage du verre. Avant cela, la bière se dégustait dans des pots de terre cuite plus ou moins évasés, auxquels succédèrent par la suite des chopes en étain, en grès ou en céramique. Il faudra attendre l’après-guerre pour voir, peu à peu, les brasseurs associer à leurs différents breuvages un type de verre particulier. Une tendance qui s’est accélérée ces dernières années, sous l’impulsion parfois d’un marketing avisé, au point qu’aujourd’hui, il n’y a quasiment pas deux verres identiques…

Impossible de présenter ici tous les types de verres disponibles sur le marché. Mais essayons de les « catégoriser » quelque peu…

Le verre droit : hérité de la tradition des pubs irlandais, ce verre simple en forme de grand gobelet, était à l’origine destiné aux bières rousses. Chez nous, il s’est affiné à la base, rehaussé et doté de stries pour devenir le verre à pils par excellence (nos amis Français lui préférant, eux, le verre tulipe). Un peu plus massif, il accueille aussi volontiers une bonne Gueuze, voire une Kriek, fleurons de la brasserie Timmermans. Légèrement déformé en bulbe vers le sommet, il accueille magnifiquement la Guinness et sa couronne de mousse onctueuse.

Le verre tulipe : ce verre sur pied élancé avec un col resserré convient bien aux bières blondes, qui, chargées en gaz, nécessitent un haut col pour laisser s'échapper leurs bulles. En Allemagne, certains verres vont ainsi jusqu’à la flûte. Le col resserré du verre tulipe permet par ailleurs de concentrer le bouquet plus léger de la bière blonde. Et il se prête également volontiers à servir d’emblème à certaines blondes ou rousses de caractère, notamment la gamme de Gordon Finest Beers, servies dans un verre, non pas « tulipe », mais « chardon » qui rappelle le symbole de la marque. De nombreux brasseurs l’ont également choisi pour exalter les arômes de bières fruitées de fermentation spontanée (kriek, framboise, etc.), ou de bières spéciales.

Le verre calice: ce verre sur pied massif, qui atteint sa largeur maximale en son col, est le verre typique des bières trappistes et d'abbaye. Outre le symbole monastique qu’il ne manque pas d’évoquer, le verre calice permet à ces bières à large palette aromatique de dégager plus facilement l'ensemble de leurs arômes. Et que dire de la créativité des brasseurs pour donner à ce verre une touche exclusive. La Diabolici, blonde triple de la brasserie familiale John Martin affirme, par exemple, son caractère « infernal » dans un verre calice doté d’un support métallique.

Le verre ballon: avec sa forme arrondie et ramassée rappelant celle d’un verre à vin, ce verre sur pied convient particulièrement aux bières brunes, Bourgogne de Flandres notamment, généralement peu gazeuses, son col resserré permettant d’en concentrer le bouquet

Le verre bock: c'est le verre privilégié des bières blanches. Dans ce verre plat, large et massif, que l’on saisit à pleine main, les amateurs peuvent facilement ajouter une rondelle de citron pour augmenter l'acidité de la bière.

Un petit conseil en conclusion : quel que soit le verre que vous choisirez pour déguster votre bière, vérifiez la propreté de celui-ci. Le verre à bière doit être très propre et ne présenter aucune trace grasse (de doigt, par exemple). Un verre parfaitement propre aura en effet l’avantage de mieux retenir la mousse de la bière, alors qu’au contraire, la présence d’agents gras risque de la réduire fortement. Pour s’assurer de sa netteté, il suffit de rincer votre verre à l’eau froide avant utilisation, et de le faire sécher tout simplement à l’air libre.