La bière en canette

news-20130201La bière et la canette, un mariage plein de raisons

Bouteille ou canette ? Le débat n’est pas neuf. Question d'image, de goût, entre « puristes » et « simples consommateurs » ? Mais aussi un débat commercial : le marché de la canette est en effet en forte croissance particulièrement chez les jeunes.

Le site internet québécois www.bierorama.com a voulu en savoir plus, vu le nombre grandissant de bières artisanales nord-américaines « encanettées » plutôt qu'embouteillées.

Et www.bierorama.com a choisi son camp. Les arguments mis en avant sur ce site de référence sont d'ailleurs transposables en Belgique et semblent pour le moins élémentaires. Du moins pour les achats au supermarché.

Selon les statistiques des Brasseurs Belges (fin septembre 2012) le marché de la pils dans la grande distribution montre que l’on vend aujourd’hui plus de canettes (53% des ventes totales) que de bouteilles (47%). Le marché des bières spéciales en canettes représente quant à lui désormais 13% des ventes (en hausse de 4%).

Le poids et le volume

Le poids d'une petite bouteille de bière (vide) est de 180 à 200 grammes. Celui d'une canette en aluminium, de 5 à 10 grammes. Pour un pack de six (soit deux litres de bière environ), il faut donc ajouter un kg de verre... ou quelques dizaines de grammes d'aluminium. Une différence d'un tiers au niveau du poids total (c’est-à-dire bière comprise).

A volume donné, on sait aussi stocker bien davantage de canettes (près du double) que de bouteilles de même capacité, en raison de leur forme. Plus avantageux dans les rayons et les frigos des détaillants, mais aussi pour les consommateurs, moins « encombrés » (et alourdis !) pendant leurs achats. Et bien évidemment, pour les producteurs, qui peuvent livrer deux fois plus de volume de bière en un seul trajet.

Plus de consignes !

Et oui, plus besoin de ramener les bouteilles de verre consignées au supermarché, et les bouteilles non-consignées dans les bulles à verre. Une fois vide, et écrasée, la canette prend une place minimale dans votre sac poubelle bleu (PMC). Il n'y a plus qu'à livrer au service de ramassage. Une pratique que les Belges ont adoptée massivement. Nous sommes d’ailleurs les champions européens du recyclage !

Meilleur pour l'environnement

Même si la bouteille de verre est réutilisable à de nombreuses reprises, quand il s'agit de la recycler, son coût est plus élevé, notamment à cause de la capsule en métal et de l'étiquette en papier. La canette est faite d'une seule pièce, même une fois ouverte : vidée, elle file en entier dans le sac bleu, avant le recyclage.

En outre, les bouteilles vides doivent retourner chez le producteur, ce qui a aussi un impact énergétique important, autant qu’à la livraison : en effet, à quantité égale de bière, l'utilisation de canettes est nettement moins dévoreuse de carburant en raison du poids et de la forme de son contenant. Sans oublier, un autre argument : au frigo, une canette refroidit plus vite qu'une bouteille... Donc consomme moins d'énergie.

Et le goût…

La canette altère-t-elle le goût par rapport à la bouteille ? Difficile d'être rationnel… Tout est question de... goût, justement. En tout cas, pas question parler de goût métallique : aujourd’hui, les techniques de fabrication permettent en effet de garantir un goût optimal grâce à l’ajout d’une mince couche de pellicule sur le métal pour éviter tout contact entre le liquide et le métal, donc aucun goût métallique possible.En canette, la bière est aussi beaucoup moins en contact avec l’air que dans une bouteille qui retient de l’air dans son goulot. La bière en canette ne verra jamais non plus son goût évolué sous l’intensité des rayons UV. C’est donc un contenant parfait pour les bières et bières spéciales. Seul exception : les bières refermentées qui présentent généralement un dépôt de levure dans le fond de la bouteille. Dans ce cas, des bouteilles bouchonnées restent l’idéal. Par exemple, une vieille Gueuze ou une vieille Kriek qui pourra ainsi évoluer en bouteille. La Oude Gueuze Timmermans (la plus ancienne brasserie de Lambic) évolue de cette manière pendant plus de 20 ans ( !) ou encore les blondes triples refermentées (type Diabolici ou Dominus Triple …), pour lesquelles la mise en bouteille avec bouchon reste l’idéal.

Côté bouteilles, on avancera surtout les atouts esthétiques, de prestige, de traditions, d'habitudes. Mais certaines brasseries préfèrent laisser le choix aux consommateurs, comme la gamme des bières Gordon. Ces bières sont disponibles dans de nombreux conditionnements (y compris en can 50cl, dont John Martin fut l’initiateur) pour satisfaire tous les modes de consommation. Un exemple suivi par quelques autres marques de bières spéciales en Belgique. Mais la tendance n’est pas encore à céder en bloc aux canettes, et certainement pas pour les bières servies dans les cafés, restaurants et brasseries, lieux où la bouteille garde toute sa magie et exprime son statut social.