Les exportations

news-20130130L’export aime la bière belge

La consommation de bière belge recule encore en moyenne sur le marché interne, mais elle s’épanouit en revanche à l’exportation. Le dernier rapport annuel du secteur brassicole belge, publié en juin dernier et concernant l'année 2011 est formel : la bière belge est un « label » apprécié dans le monde et son avenir est souriant !

Oui, la consommation de bière a en moyenne diminué en Belgique de 14% entre 2001 et 2011, pour en arriver à un volume de 8.573.916 hectolitres de bières consommés. Mais en 2011, elle a renoué avec une légère hausse pour la première fois en 8 ans. C’est surtout la consommation dans l’Horeca qui continue de souffrir (-15% depuis 2007), partiellement compensée par la hausse des achats dans le commerce (+3%).

Heureusement cette baisse de consommation intérieure est largement compensée par les exportations qui, elles, donnent le sourire au secteur. Il y a même de quoi pavoiser. Le volume a en effet plus que doublé en 10 ans : d'environ 5,5 millions d’hectolitres en 2001 à un peu plus de 11 millions en 2011...

Aujourd’hui, près de 60% de la production belge est donc destinée à l’exportation. La balance extérieure dans ce secteur est positive depuis 2006, et l'écart s’accroit d'année en année.

On comprend que les brasseurs belges misent de plus sur des produits spécialement conçus pour l'exportation, même si les « valeurs traditionnelles » continuent à attirer largement le consommateur à l'étranger. Par exemple Anthony R. Martin, propriétaire de la brasserie plus que centenaire John Martin, commercialise de plus en plus ses bières spéciales à l’étranger. « Aujourd’hui plus de 50% de nos volumes sont exportés dans près de 35 pays du globe. Et même, pour répondre aux besoins de nos principaux marchés, nous avons implanté des filiales dans plusieurs pays, y compris tout récemment pour l’Afrique, à Abidjan. Nous avons particulièrement bien percé sur le marché italien. Nous sommes aujourd’hui la première brasserie belge indépendante exportatrice dans la Péninsule. L’horeca italien est particulièrement ouvert aux bières d’importation et à la nouveauté, si bien qu’il représente pour nous un marché qui est devenu plus important que l’horeca belge. Nous avons par ailleurs envoyé il y a peu nos premiers containers vers le Brésil, d’autres vers la Chine, ce qui laisse augurer d’un avenir radieux pour notre potentiel d’exportation. »

Toutefois, selon Anthony R. Martin, le succès de ses produits tient aussi à une attention particulière aux spécificités brassicoles des différents pays consommateurs. « En Russie, vous trouverez facilement la Kriek Lambicus Timmermans à Moscou consommée par un public majoritairement féminin et dans des verres de 50cl. A l’inverse, à San Francisco ou Chicago, vous trouverez plutôt la Kriel Tradition qui se dégustera plus dans le respect des traditions, dans son verre « authentique» de 25cl. »

Autre question qui nous brûle les lèvres : dans quels pays aime-t-on le plus la bière belge ? Le plus gros importateur de bière belge en 2011, est, sans surprise, la France (32%), suivie des Pays-Bas (18%), de l'Allemagne (16%) et des USA (12%). Ensuite, viennent l'Italie (4%), le Royaume-Uni (4%) et le Canada (3%). Plus globalement, les ventes dans l'Union Européenne représentent 79% du total. Le potentiel de croissance sur les autres continents reste donc très important.

Ceci dit, comme l’évoque Anthony R. Martin, la tendance s’oriente vers des marchés en plein essor. Ainsi, l’augmentation la plus spectaculaire vient de l’Asie : + 73%, et des USA, + 17%. Deux marchés, tout comme l’Inde ou le Brésil, qui sont depuis peu soignés aux petits oignons par les brasseurs belges désireux d'augmenter leurs ventes à l'étranger, vu la stagnation de la consommation nationale...