Haute ou basse, la fermentation à votre goût !

news-20130108Étape essentielle du brassage de la bière, la fermentation se produit par adjonction de levures au moût refroidi. Se nourrissant des acides aminés de cette mixture, ces levures vont produire de l’alcool à partir des sucres présents, ces réactions naturelles dégageant au passage du gaz carbonique.

On distingue généralement trois types de fermentation, qui donnent chacune un type de bière différent.

La fermentation spontanée : c’est la méthode la plus ancienne, qui remonte au temps où la culture des levures n’était pas connue et maîtrisée. Dans ce cas, le moût est laissé un certain temps à l’air libre, des levures sauvages naturellement présentes dans l’air se chargeant de l’ensemencer et de stimuler ainsi sa fermentation. Aujourd’hui, cette méthode ancestrale n’est plus guère utilisée que pour la production du lambic, des gueuzes, kriek et autres faro, spécialités de la vallée de la Senne et du Pajottenland, dont l’air contient naturellement les précieuses levures Brettanomyces bruxellensis et Brettanomyces lambicus. De plus, on ne brasse la bière de fermentation spontanée que durant la saison froide de l’année (mi-septembre à mi-mai). La plus ancienne des brasseries à produire ces bières de tradition est TIMMERMANS, aujourd’hui membre de la Finest Beer Selection d’Anthony Martin.

La fermentation haute : ce type de fermentation également traditionnel, dure de 3 à 8 jours. Il nécessite l’adjonction au moût, de levures de type Saccharomyces cerevisiae : actives entre 15 et 25°C, ces levures ont la particularité de remonter à la surface du moût une fois qu’elles en ont épuisé le glucose, d’où le nom de fermentation « haute ». Ceci donne généralement des bières à très haute teneur en alcool, aux arômes complexes et moins chargées en dioxyde de carbone que les bières de fermentation basse. Elles se consomment également à plus haute température que ces dernières, généralement entre 6 et 12°C. Les bières ambrées et de nombreuses bières belges dites « spéciales » appartiennent à cette catégorie. Considérées comme des bières de dégustation, on le regroupe généralement sous l’appellation « Ale ». En effet, de nombreuses bières spéciales belges ont une origine anglaise à ce jour.

La fermentation basse : popularisée par la célèbre « pils », brassée dès le milieu du 19e siècle dans la ville tchèque de Pilzen, cette méthode de fermentation, s’opère entre 4 et 12° C. Elle repose sur l’ajout au moût de levures de type Saccharomyces carlsbergensis. Au cours du processus, qui dure 7 à 10 jours, ces levures migrent vers le fond de la cuve, d’où cette appellation de « fermentation basse ». Généralement moins fruitées que les bières de fermentation haute, les bières ainsi produites, sont généralement regroupées sous le vocable « lager ». Elles sont aussi moins alcoolisées, mais ont une teneur supérieure en CO2. Très rafraîchissantes, avec leur goût prononcé de houblon, elles se consomment fraîches, généralement entre 4 et 7° C.

La fermentation mixte : on parle de fermentation mixe lorsque deux types de micro-organismes vont fermenter la bière. Le maître brasseur utilise d’une part, des levures identiques à celles utilisées dans le cas de la fermentation haute, et d’autre part, des bactéries. Autrement dit, on « mélange » les processus de fermentation haute et fermentation spontanée.
Certaines bières sont en outre mises en garde plusieurs mois en fûts de chêne, ce qui, par l’action des micro-organismes va leur donner une saveur plus fruitée.